Exposition Hergé au Grand Palais jusqu’au 15 janvier 2017

jeudi, décembre 01, 2016Valentin de la noue








Georges Remi, dit Hergé est celui qu’on considère comme « le père de bande dessinée européenne. » Il a repris brillamment le style américain de la bande dessinée à bulles. Plus de simples dessins enfantins, chacun trouve son compte dans Tintin. De la richesse de l’actualité (maintenant historique) à l’humour fin des aventures du plus célèbre des reporters, on comprend le slogan « de sept à soixante-dix-sept ans » de Casterman. Hergé est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands artistes contemporains et a vendu presque 250 millions d’albums, traduits dans une centaine de langues. La CommonWave ne pouvait rater une telle exposition !

Pourquoi choisir entre le visuel et l’écrit ? C’est bien la question de Hergé, qui s’est essayé aux deux, mais a brillé par le mélange des deux : la bande dessinée. Les émoticônes n’ont rien inventé ; il suffit de se pencher sur une planche aux multiples dessins figuratifs d’émotions (les étoiles pour les Dupondt qui tombent sans cesse, la sueur de Milou qui court après son maitre enlevé, ou les crachats qui accompagnent les insultes savantes du Capitaine Haddock). Il est d’ailleurs amusant de remarquer qu’on comprend parfaitement les planches avant que les bulles ne soient remplies par les dialogues, comme si, un peu à la façon du cinéma muet, l’image suffisait.

Hergé avait la particularité d’être un artiste-collectionneur, reconnaissant ici le génie des autres et disant, humblement, concernant le sien qu’il « n’aurait rien pu faire d’autres. » Il consacre effectivement à Tintin toute sa vie, toute son énergie. Un travail inspiré, mais qui reste un travail de longue haleine… Un pourcent d’inspiration pour quatre-vingt-dix-neuf de transpiration !

Pédagogue comme tout bon conteur, un entretien conservé par l’INA le montre en train d’expliquer comment se construit une bande dessinée. Il explique que pour lui, l’esthétique et le récit ne font qu’un : une synthèse naturelle (pour lui) de deux mondes qu’il rapproche.

Tintin restera son monde, ses personnages : il ne s’en dit pas maître, car il a été dépassé par Tintin et les interprétations qu’on a pu en faire, mais il n’empêche que seul lui peut faire du Tintin.
Quand on lui demande de faire des personnages auxquels le jeune public s’identifie plus (avec des parents, une école, pas comme Tintin qui semble être intemporel), il publie Jo, Zette et Jocko dont le succès restera moins fort que celui de Tintin, et Hergé ne sera pas autant attaché aux personnages. En lui demandant de faire du plus réaliste, les éditeurs de journaux l’ont poussé à faire du moins universel. Tintin touche les enfants, les femmes, les hommes, les personnages âgées (bien au-delà de soixante-dix-sept ans maintenant !)

Courrez à cette exposition, et si vous n’en avez pas assez, rendez-vous au Château de Chenonceau, qui a, juste à côté du chenil avec les chiens de chasse, un musée sur l’Univers extraordinaire de Tintin car on a toujours quelque chose à apprendre des personnages : des insultes de Haddock à la sagesse de Tintin, en passant par les inventions de Tournesol ou aux dilemmes moraux de Milou.






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